Les mots « tapin, tapiner, tapinage, tapineuse » (racoler, faire le trottoir, prostituée), sont des termes qui sont pleins de sens.

Ils viendraient de « taper à terre », ce qui ne veut pas dire grand-chose, sauf si on se réfère au claquement des talons hauts sur le trottoir...

« Tapiner », dans le vocabulaire des marins du 18e siècle, signifiait « aborder », ce qui est mieux.

Comme la prostitution et la police n'ont jamais fait très bon ménage, cette coupable industrie s'exerce le plus souvent clandestinement.

Jadis, on disait d'une « maison close » (c'est-à-dire ouverte à tous !!) qu'il s'agissait d'un établissement « que la police tolère, mais que la morale réprouve ».

Donc, depuis le 12e siècle, la tapineuse devait « se tapir », c'est-à-dire se cacher, travailler « en tapin », soit incognito. Mais ce n'est pas ainsi qu'on se fait des clients et, plus tard, « tapin » signifia, puis « racolage ».

De « tapir » nous vient « en tapinois », en cachette, sournoisement.