Amuser / épater l'assistance.Tenter de se mettre en avant (en faisant preuve de vantardise).

Les galeries sont les espaces couverts ceinturant le jeu de paume où se tenaient les spectateurs. A partir de la Renaissance, la galerie désigne les spectateurs.

Épater la galerie signifie disputer une partie en suscitant une admiration à en couper les jambes : « é-patter »

Bien des artistes, aujourd'hui, ont, à la fin d'une scène, les yeux fixés sur la galerie, où sont pourtant les places les moins chères, mais où, apparemment, se trouve le bon peuple connaisseur, exempt de snobisme.

Il n'en a pas toujours été ainsi. Autrefois, les bons mots et les facéties s'adressaient à la salle pour « amuser le parterre ».

En ce temps-là, le devant de la scène ou parterre ne comportait pas de sièges à cause du suintement continu des chandeliers du plafond. A bas prix, le menu peuple se tenait là, debout, surveillant le jeu des acteurs et esquivant les gouttes de suif qui pleuvaient des chandeliers.

Peu après l'installation de l'éclairage au gaz, le « parterre » redevint habitable et fut occupé par « le beau monde », alors que le menu peuple s'installait dans les galeries élevées, loin de la scène, mais moins chères. Plus question d'amuser le parterre huppé, il fallait « amuser la galerie », non parce que le menu peuple passait avant la noblesse, mais parce qu'il riait volontiers des blagues, des coups de pied au derrière et des bastonnades.

Cela rappelle l'histoire de ce petit garçon que son père amenait pour la première fois à l’opéra. Placé assez loin de la scène, l'enfant voyait le chef d'orchestre agiter sa baguette et une grosse Walkyrie entonner une envolée wagnérienne.

« Pourquoi le monsieur il bat la dame ? » demande l'enfant.

« Il ne la bat pas », répond le père

« Alors, pourquoi elle hurle ? » conclut l'enfant.