Advienne que pourra !

La vie est faite d'aléas sur lesquels nous n'avons pas toujours prise, et les imprévus ne sont pas toujours de bonnes nouvelles. C'est ce que cette expression traduit par le fatalisme de son tour exclamatif et par l'emploi de « galère », synonyme des difficultés de la vie.

En effet, la galère (de l'italien galeo) n'a jamais eu bonne réputation, et pour cause :

Ce navire de guerre propulsé à la rame par des esclaves, des prisonniers de guerre ou des condamnés aux travaux forcés ne proposait pas des croisières de tout repos, mais des conditions de vie effroyables.

Cependant, l'impératif « vogue », autrement dit « navigue », donne à l'expression une énergie et le sens d'« advienne que pourra, laissons les choses suivre leur cours ».

On trouve dès le 16e siècle, époque où les galères circulent, cette expression d'un fatalisme tempéré par un optimisme d'action.

Aujourd'hui, la galère ne navigue plus mais conserve sa valeur négative dans des expressions comme « quelle galère ! », « être en galère ».