Se faire avoir. Rater quelque chose. Subir un échec.
Deux autre formes plus triviales, également très employées et bien représentatives du sens sous-jacent sont : « l'avoir dans le cul » et « s'être fait mettre ».
« Baba », dans cette expression, désigne en effet le postérieur du malheureux dupé.
Au début du 20e siècle, « baba » a d'abord désigné en argot le sexe de la femme : les rapprochements de sens « bouche-vulve » (avec les lèvres) et « vulve-anus » sont fréquents. Et il est des séants si rebondis qu'ils rappellent des visages ronds, les fesses évoquant des joues dodues.
Si l'expression n'a guère plus d'un siècle, ce genre de métaphore ne date pas d'hier. Depuis le Moyen Âge, la tradition carnavalesque, avec ses chansons paillardes et ses contes grivois, célèbre joyeusement un tel renversement
L'association d'une friandise ou d'un gâteau avec cet endroit est quelque chose d'ancien. Au 18e siècle, dans les vaudevilles, les allusions grivoises à cette « pâtisserie » particulière étaient courantes.
Et l'image perdure quand on dit vulgairement qu'on l'a « dans le cul », « dans l'os » (du coccyx), qu'on s'est fait « posséder, baiser, entuber « (pour éviter un verbe de sonorité proche). En français du Canada, c'est plutôt se faire « fourrer ».
La langue populaire convoque donc l'image du derrière pour évoquer la duperie, comme la langue plus soutenue utilise celle du dos pour signifier la trahison : un traître poignarde quelqu'un « dans le dos » et médit « dans son dos ».
Mais en avoir « plein le dos » ressemble bien à « plein le cul » (ras le bol est plus convenable). Ces parties vulnérables du corps humain sont donc les cibles des pièges sournois, ce qui nous laisse assurément babas...
Mais ce baba-ci viendrait de « ébahi » par redoublement de la syllabe.!
L’avoir dans le baba c’est une autre manière de dire que « tous les chemins mènent au rhum », car il y en a toujours dans le baba.