Quoi de plus chaste que de « se faire passer la bague au doigt », dans le respect des saints sacrements du mariage ?
Le moment particulièrement émouvant de la célébration du mariage, où les mariés se glissent au doigt l’un de l’autre une alliance, a donné lieu à cette expression familière qui signifie depuis le 20e siècle : se marier.
La « bague » en question (du néerlandais bagge) est donc bien à prendre à son sens le plus ancien d’anneau, auquel on préférera aujourd’hui l’« alliance ». Mais l’allusion ironique d’« être bagué » (comme un pigeon voyageur) suggère aussi une absence de liberté, qu’on perçoit fort bien lorsqu’on dit de quelqu’un qui est marié qu’« il a la bague au doigt » ou qu’« il s’est fait passer la bague au doigt ».
Dans cette expression courante, il n’est pas seulement question d’union sacrée.
Quand on y pense, c’est évident : la bague désigne le sexe féminin, tandis que le doigt symbolise (en réduction !) l'attribut masculin.