Guetter quelque chose, attendre le bon moment
Le mari jaloux, le paparazzi et la ménagère de moins de cinquante ans sont tous « à l'affût » : de preuves, de scoops et de bonnes affaires. Rien que de très banal, mais on se demande ce que peut bien signifier cet « affût » qu'ils ont en commun : ils guettent, prêts à bondir sur l'occasion dès qu’elle se présentera.
Au Moyen Âge, l’« affût » était un support en bois sur lequel reposait l'arme du chasseur guettant sa proie.
Le mot vient de « s'affûter » (s'appuyer, se mettre en position), verbe formé de « à » et de « fût ». Ce dernier a désigné, après un tronc d'arbre, diverses pièces de bois et en particulier la monture d'une arme. C'est ce même « fût » issu du latin « fustis » (tronc), qui a donné les mots « futaie » (forêt d'arbres élevés) et « futaille » (ensemble de tonneaux).
Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre gibier. À partir du 17e siècle, « affût » ne désigne plus un support mais l'abri dans lequel se dissimule le chasseur qui doit bien souvent attendre de longues heures avant qu'un animal ne montre le bout de son museau ou de son bec, de là est né « à l'affût » (en train de guetter sa proie) avant de s'employer au sens figuré.