Obliger quelqu’un à se taire, le remettre à sa place.

Il est des assemblées, des réunions au cours desquelles quelqu'un prend la parole avec trop d'assurance, si bien qu'on brûle de le remettre à sa place et de le faire taire. On s'emploiera à lui « rabattre le caquet ».

L'expression signale que l'intéressé présente deux défauts. D'une part, prétention et vanité. De l'autre, bavardage.

Ces jacasseries suffisantes rappellent les poules et leur caquetage. « Caquet » évoque les cris de la volaille qui va pondre et, généralement, les piaillements d'oiseaux, la musique discordante des basse-cours.

Des cris d'oiseaux, on est passé aux paroles sans contenu, faisant écrire à Furetière : « Les femmes parlent beaucoup, mais elles n'ont que du caquet ». Car l'antiféminisme cherche dans le langage même les occasions de sévir. « Caquet bon bec » désignait donc une commère bavarde et La Fontaine en a fait le surnom de la pie.

La formule « caquet bon bec » évoquait un flux de paroles intarissable. En français du Canada, une personne abattue par une déception ou une mauvaise nouvelle a « le caquet bas ».

Celui à qui l'on « rabat le caquet » est donc assimilé à un volatile de basse-cour : comme les poules, les oies et les canes (les mâles sont exemptés), il caquète et cancane. Pourtant, par sa vantardise, il évoque aussi le coq et sa fierté. Il existait d'ailleurs une expression française qui, mot pour mot, existe encore en italien : « rabaisser la crête à quelqu'un ».

Quand des gens s'assemblent, leur réunion peut prendre vite des allures de poulailler : chacun donne de la voix pour faire l'intéressant. Rien de tel pour lui « rabattre le caquet » que de lui « clouer le bec » !