Si chacun ne se mêlait que de ce qu'il connaît parfaitement, tout irait pour le mieux.
Jean-Pierre Claris de Florian, simplement dit Florian, est un auteur de la seconde moitié du 18e siècle. Bien qu'il soit mort à 39 ans seulement, il nous a laissé de nombreux écrits, dont de célèbres fables, parmi lesquelles se trouve celle qui nous intéresse ici, « Le vacher et le garde-chasse ».
Dans celle-ci, nous trouvons le jeune Colin qui garde les vaches de son père. Mais lorsque sa route croise celle d'un garde-chasse fatigué de courir sans succès après un chevreuil, il lui propose de partir à la chasse à sa place après lui avoir confié la garde de son troupeau.
Au cours de cette traque, Colin rate le chevreuil, mais blesse le chien du chasseur. Et, lorsqu'il revient dépité vers ses bêtes, il trouve le garde-chasse qui s'est endormi et le troupeau qui a disparu, les bêtes ayant été volées.
Notre locution proverbiale est la morale de cette fable qui confirme ce que chacun sait, à savoir qu'il est inutile de vouloir faire correctement le travail d'un charpentier, par exemple, lorsqu'on est opticien, ou celui d'un cordonnier lorsqu'on est informaticien. Chacun n'est a priori réellement compétent que dans le métier qu'il a appris (même si on peut parfois trouver des incompétents dans leur propre métier).
Pour que les vaches soient bien gardées, il faut un vacher, pas un garde-chasse, vérité que le père de Colin lui fera comprendre à coups de bâton.